top of page
  • Black Twitter Icon
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon
Rechercher

Le Prisonnier de l'île aux pécheurs - épisode 32

  • Alain DECORTES
  • 23 avr. 2020
  • 3 min de lecture

[if !supportLists]32

– Où va-t-on maintenant ? demanda Renaud depuis la place arrière de la Mini Cooper.

– Il faut trouver une gendarmerie au plus vite, répliqua Bruno. Claire, tu sais où…

Il s’arrêta au milieu de la phrase quand Claire donna un coup de volant pour prendre un chemin de terre sur la droite. Une fois à l’abri des regards, elle arrêta la voiture sans couper le moteur.

– Qu’est-ce que tu fais ? reprit Bruno.

Elle garda les mains sur le volant et y appuya sa tête.

– J’ai besoin de réfléchir.

Elle resta silencieuse pendant une trentaine de secondes. Les deux hommes respectèrent cette pause et patientèrent. Enfin, elle releva la tête :

– Pour la gendarmerie, on est dans un coin perdu ici. À mon avis, il faut aller à Aubusson ou à Ussel. Je vais vous y déposer.

– Comment ça, nous y déposer ? réagit Bruno. Et toi ?

– J’ai renié un serment en refusant de t’empoisonner, Bruno. Et je me suis enfuie avec vous deux. Par ces actes, j’ai signé mon arrêt de mort. De par ta thèse, tu connais aussi bien que moi les Soldats de la rédemption. Je les ai trahis. Tu sais ce que ça veut dire. Je ne sais même pas si Daniel prendra ma défense.

Bruno l’écoutait. Elle avait entièrement raison.

– Ne risquons-nous pas la même chose que vous ? demanda Renaud.

– Non, je ne pense pas. Pas pour l’immédiat en tout cas. Votre élimination est devenue secondaire. D’ailleurs, pour vous Renaud, Daniel ne m’a jamais dit exactement quel péché il avait commis avec vous.

– Vous êtes l’épouse de Dan Lachard, le golfeur ?

– Oui.

– Je crois que je commence à comprendre. Il y a longtemps, quand Dan était encore célibataire, je l’ai aidé à détourner des fonds. Mais c’est de l’histoire ancienne.

– Chez les Soldats de la rédemption, il n’y a pas de prescription. Bon, maintenant assez discuté ! Je vous emmène jusqu’à une gendarmerie.

Tout en parlant, elle avait enclenché la marche arrière. La Mini retrouva le bitume et reprit la route.

– Et vous qu’allez-vous faire ? demanda Renaud.

– Je vais me cacher, répondit Claire.

– Où ?

– Je ne sais pas encore. Mais je préfère ne pas vous le dire. Les gendarmes vont vous interroger et il y a des « Soldats » partout. Je ne veux pas prendre de risque.

Quelle abnégation, pensa Bruno. Mais pour lui, laisser Claire se débrouiller seule après ce qu’elle venait courageusement de réaliser, c’était faire preuve d’un égoïsme inadmissible. Sans parler des autres raisons plus profondes !

– Après tout ce que tu as fait pour nous, il est hors de question de t’abandonner à ces fous ! lui lança Bruno.

– Il a raison, confirma Renaud.

Claire ne savait plus. Ussel était à une trentaine de kilomètres, ça laissait un peu de temps pour réfléchir. Elle alluma la radio.

Le flash de France Info répétait les chiffres de la veille : depuis le début de l’épidémie, en France, le virus avait provoqué six cent soixante-quatorze décès à l’hôpital.

La longue litanie des chiffres se poursuivit. Puis le journaliste de la station rappela les règles de confinement en vigueur depuis la semaine précédente..

La Mini avait rejoint la départementale 21 sans avoir croisé une seule voiture. Après avoir entendu le bulletin d’information, les trois passagers n’en étaient pas surpris. Ils s’étaient désormais tus et réfléchissaient à leur évasion rocambolesque. Comment tout cela allait-il finir ?

À la sortie d’un virage, au bout d’une courte ligne droite, deux silhouettes de motards de la gendarmerie firent signe à la Mini de ralentir et de s’arrêter.

Les projets échafaudés et les options prises cinq minutes plus tôt risquaient fort de tourner court.

– On va voir ce qu’ils veulent, annonça Claire. On est en règle : j’ai mes papiers d’identité et la carte grise est dans le vide-poches. On ne change rien à ce qu’on a dit.

Elle s’arrêta et baissa la vitre. Le premier motard s’approcha.

– Gendarmerie nationale. Veuillez couper le moteur et présenter vos papiers et vos attestations de déplacement dérogatoire, s’il vous plaît ?

Claire lui tendit son permis de conduire. Pour le reste, bien sûr personne ne possédait d’attestation.

– Vous savez que, sauf en cas de nécessité absolue, vous ne devez pas vous déplacer à trois personnes dans le même véhicule ! compléta le gendarme.

À cet instant, Renaud déboucla sa ceinture et se glissa vers la gauche de la banquette. Il pressa le bouton pour ouvrir la vitre.

 
 
 

Posts récents

Voir tout
Site en sommeil

Ce site n'étant que peu consulté, j'ai décidé de le mettre en sommeil. Vous pouvez désormais retrouver toute mon actualité auteur sur les...

 
 
 
Posts à l'affiche
Revenez bientôt
Dès que de nouveaux posts seront publiés, vous les verrez ici.
Posts Récents
Archives
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

© 2017 par Alain DECORTES créé avec Wix.com

  • White Twitter Icon
  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon
bottom of page