top of page
  • Black Twitter Icon
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon

Le Prisonnier de l'île aux pécheurs - épisode 44

  • 5 mai 2020
  • 3 min de lecture

[if !supportLists]44

Les aiguilles du clocher affichaient onze heures dix. Les rues du village de Rochemans étaient désertes, confinement oblige. Depuis le début de la matinée, l’épicerie avait reçu la visite de seulement trois clients. Une affiche, collée sur la vitrine, imposait l’entrée d’une seule personne à la fois dans le magasin. Consigne présente uniquement pour la bonne forme !

La sonnette de la porte retentit.

– Voilà, voilà, on arrive, cria Sophie depuis l’arrière-boutique.

L’épicière était en train de classer les factures du mois de février en vue de les envoyer au comptable. Elle interrompit sa tâche pour aller servir le client.

Sophie poussa la porte battante et pénétra dans la boutique. Ce n’était pas un villageois. L’homme était jeune avec les cheveux coupés en brosse. Il portait des lunettes à monture noire.

La vigilance s’imposait.

– Bonjour monsieur.

– Bonjour madame. Lieutenant Dupuis, police judiciaire, répondit Jérôme Bellenci en présentant une fausse carte barrée de tricolore. Je voudrais vous parler. Pouvons-nous aller dans votre arrière-boutique pour être tranquilles ?

– Si c’est au sujet de mon frère, c’est inutile. J’ai déjà dit aux gendarmes que je ne l’avais pas vu et qu’il ne m’avait pas téléphoné ?

– Oui, je le sais. Mais je pense qu’il peut encore se manifester auprès de vous.

– J’ignore si mon frère est coupable de ce qu’on l’accuse. Mais au risque de me répéter, si jamais il me contactait, je lui dirais tout de suite de se rendre. C’est la seule façon pour lui de prouver son innocence.

Elle avait mis beaucoup de conviction dans ses propos pour ne pas laisser le moindre soupçon s’emparer du policier.

– Justement, j’ai une chose à vous dire à ce sujet. Le téléphone portable de votre frère a été géolocalisé. Il se trouve actuellement dans la région. Nous pensons qu’il va prendre contact avec vous. S’il le fait, je compte sur vous pour nous prévenir.

– Oui, bien sûr, répliqua Sophie saisie par une énorme angoisse.

– Je ne vous ennuie pas plus longtemps. Au revoir madame.

Jérôme Bellenci quitta l’épicerie. Sophie passa devant le comptoir et alla jusqu’à la porte. De derrière la vitrine, elle regarda le policier monter dans sa voiture et démarrer. Elle attendit quelques instants pour sortir de l’épicerie et suivre le véhicule du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse au bout de la rue du village.

Sophie se précipita alors dans la cour derrière le magasin. Son mari était dans l’appentis en train de fixer des planches au mur. Depuis le temps qu’elle lui réclamait des rayons afin d’augmenter l’espace de rangement !

Elle l’appela :

– Pascal ! Je dois aller chez les Martin. J’ai oublié de leur poser les radis qu’ils avaient commandés. Tu peux me remplacer au magasin le temps de l’aller-retour ?

Le mari de Sophie releva la tête et regarda par-dessus les petites lunettes posées sur le bout de son nez.

– Pas de problème !

Le temps de prendre une botte de radis dans le rayon des légumes pour justifier le déplacement, Sophie partit à pied par le sentier. Plus discret que de prendre le Berlingot ! pensa-t-elle.

Bruno fut surpris de voir débarquer sa sœur à la Bergerie. Elle était essoufflée.

– Sophie, qu’est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-il. Tu ne devais pas revenir.

– Oui, mais c’est vraiment important.

Il alla jusqu’à la fenêtre et regarda au-dehors.

– Personne ne t’a suivie ?

– Non. Je suis venue à pied par le sentier pour ne pas sortir le Berlingot.

L’épicière raconta alors la visite du policier et la teneur de ses propos.

– C’est quand il m’a dit que ton téléphone avait été localisé dans la région que j’ai voulu te prévenir en urgence.

– Mais je n’ai plus de téléphone depuis une semaine, à moins que…

Il se tourna vers Claire.

– Ton téléphone a été détruit à Carantec, affirma celle-ci sans attendre la question. Justement pour que tu ne sois pas localisable.

C’était insensé ! Intimidation ? Le faux pour le vrai ?

Bruno se précipita dans sa chambre et attrapa le Sig-Sauer qu’il avait caché sous le matelas. Il retira le cran de sécurité et retourna auprès de Claire et de Sophie.

– Le deuxième sentier existe-t-il toujours ? demanda Bruno à sa sœur.

– Oui, je crois. Mais il est plus long. Je ne le prends jamais.

– Bon, tu vas descendre à la remise avec Claire. Vous vous enfermez toutes les deux et vous attendez que je revienne !

 
 
 

Commentaires


Posts à l'affiche
Revenez bientôt
Dès que de nouveaux posts seront publiés, vous les verrez ici.
Posts Récents
Archives
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

© 2017 par Alain DECORTES créé avec Wix.com

  • White Twitter Icon
  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon
bottom of page