Le Prisonnier de l'île aux pécheurs - épisode 50
- Alain DECORTES
- 11 mai 2020
- 3 min de lecture

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Quand elle arriva dans la grande pièce, Claire crut que son cœur allait s’arrêter de battre. Ce n’était pas possible !
Son mari était là sur le seuil, à l’entrée. Claire se figea.
– Surprise de me voir ? lui lança ironiquement Dan Lachard.
Partir ? Fuir ? Courir ? Oui, mais par où ? Il bloquait la porte. De toute façon, elle était incapable de bouger.
Dan Lachard s’approcha de son épouse. Il lui envoya en pleine figure un revers de main qui s’apparentait plus à une manchette d’art martial qu’à une gifle. Une force identique à celle qu’il déployait sur le green avec un club de golf. Déséquilibrée, Claire tomba.
Jamais, il ne l’avait frappée auparavant !
– Je suis tellement content de t’avoir retrouvée ! poursuivit-il avec sarcasme.
Complètement sonnée, Claire l’écoutait sans réagir. Du sang coulait au coin de sa bouche. Le coup lui avait éclaté la lèvre inférieure.
– Relève-toi ! On a à parler tous les deux.
Elle reprenait ses esprits. Elle s’appuya contre le buffet pour se relever.
– J’ai rien à te dire, Daniel ! Va-t’en !
Si seulement Bruno pouvait revenir et le surprendre ! Hélas, il était encore trop tôt !
– Je vais bientôt partir, sois tranquille ! Juste une formalité à régler auparavant. Nous avons eu du mal à te retrouver, mais nous y sommes parvenus grâce à Jérôme. Tu as trahi ton serment et tu as assassiné un guide de notre Église. Je suis donc venu te tuer, Claire !
Elle le savait. Toute cette histoire ne pouvait pas se terminer autrement.
Le rêve commencé hier au bord de l’étang n’avait duré qu’une nuit. Sa vie, tout du moins le peu qu’il en restait, redevenait un cauchemar. Bizarrement, elle en était presque résignée.
Dan Lachard sortit un pistolet de sa poche et le pointa sur Claire.
– C’est comme ça que ça va se terminer, Claire. Mais tu as d’abord un travail à finir pour nous absoudre de nos péchés. Tu dois tuer Bruno !
Il abaissa son arme.
– Non, tout ça c’est fini ! répliqua-t-elle. Les Soldats m’ont manipulée et toi aussi, Daniel, tu m’as manipulée. Jamais je ne tuerai Bruno !
– Oh si, tu vas le faire ! Et j’ai de bonnes raisons de le croire.
Elle était résolue.
– Non. La rédemption des péchés, le salut de mon âme, terminé tout ça ! Il n’y a aucune bonne raison !
– Maxence, Emma et Louise.
– Laisse nos enfants en dehors de tout ça !
– Oh non, car ce sont eux la bonne raison. Toi, tu vas mourir, c’est une affaire entendue, mais auparavant tu as un choix très simple à opérer : soit tu tues Bruno de ta main et dans ce cas Maxence, Emma et Louise restent en vie, soit tu refuses et ils meurent !
L’horreur ! L’impensable ! Non, elle avait mal entendu !
Claire eut un haut-le-cœur. Elle s’accrocha au buffet pour ne pas retomber. Ce n’était plus un cauchemar, c’était l’enfer !
Appuyée sur le rebord, la lèvre en sang, elle n’avait même pas la force de répondre. Elle réussit tout de même à lui dire :
– Tu es un monstre Daniel. Tu ne peux pas. Ce sont nos enfants.
Il ne l’écoutait pas. Il se dirigea vers la fenêtre et l’ouvrit. Il tendit au-dehors le bras dont la main tenait le pistolet.
– Alors Claire ? Tu as fait ton choix ? Regarde par là ! Bruno est allé chez sa sœur, c’est ça ? Il ne devrait pas tarder à revenir par le sentier. Tu as juste à viser comme ça. Et tu tires quand il arrive.
Dan Lachard regarda froidement sa femme enchaîner les spasmes et les pleurs. Il décida de la laisser quelques instants plongée dans ses sanglots et ses convulsions. Pas trop longtemps, tout de même, sinon ils risquaient de manquer le retour de Bruno.
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