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L'Auberge de la vérité Acte 1 Scène 12

  • Alain DECORTES auteur
  • 11 nov. 2020
  • 5 min de lecture


(Édouard/Riquita, Eva, Sylvie, Madame Michu, les enfants de la colonie, la monitrice, enfant 1, enfant 2)


Eva entre, toute pimpante, elle s’est faite belle pour retrouver Édouard.

Eva : Voilà, je me suis faite belle pour retrouver mon Doudou. J’espère que Mickey l’a prévenu que je l’attendais. (Elle chante) : Tel qu'il est, il me plaît, Il me fait de l'effet, Et je l'aime. C'est un vrai gringalet, aussi laid qu'un basset, mais je l'aime. Il est bancal, du coté cérébral mais ça m'est bien égal, qu'il ait l'air anormal. C'est complet, il est muet ses quinquets sont en biais C'est un fait que tel qu'il est, il me plaît.

Édouard entre.

Eva : Mon Doudou !

Édouard : Ma Vava ! (Il chante) : Elle court, elle court, La maladie d’amour, Dans le cœur des enfants De sept à soixante dix-sept ans. Elle chante, elle chante, La rivière insolente Qui unit dans son lit Les cheveux blonds, les cheveux gris.

Ils tombent dans les bras l’un de l’autre.

Eva : Je suis si heureuse de te retrouver.

Édouard : Moi aussi.

Eva : J’ai envie qu’on se fasse plein de trucs ce soir.

Édouard : Moi aussi.

Eva : On jouera au docteur ?

Édouard : Moi aussi… Enfin, je veux dire : ça ne me changera pas beaucoup, mais si tu veux.

Eva : Tiens, à propos de docteur, j’ai une copine dans le groupe, son mari est médecin, comme toi.

Édouard : Personne n’est parfait.

Ils s’enlacent encore plus fort.

Enfant 1 et enfant 2 entrent et se cachent derrière le comptoir.

Sylvie entre, de retour de dehors. Elle aperçoit les amoureux enlacés. Édouard est de dos.

Eva : Oh mon Doudou… Oh mon Doudou…

Sylvie : (au public) Quelle fougue, ce n’est pas le moment de les déranger ! (Elle détourne pudiquement le regard sur le décor de la pièce).

Eva : Oh mon Doudou… Oh mon Doudou…

Édouard desserre l’étreinte, il relève la tête et aperçoit Sylvie de dos.

Édouard : Merde ! Ma femme ! Qu’est-ce qu’elle fout là ?

Eva : (sur son nuage) Qu’est-ce que tu dis mon Doudou ?

Édouard est désemparé, il lâche Eva et la jette dans un fauteuil. Il cherche une échappatoire. Il se précipite dans le placard.

Eva : (revenant à la réalité) Mon Doudou ? Où est-il passé ?

Sylvie : (se retournant) Eh bien dis-donc ! Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage !

Eva : Mais où est-il ? Édouard ! Édouard ! (À Sylvie) Tu l’as vu sortir ?

Sylvie : Ah non, pas de ce côté-ci en tout cas. De l’autre côté, peut-être, parce que par discrétion, je préférais ne pas regarder. Mais, j’ai bien entendu ? Ton Doudou, tu l’as appelé Édouard ?

Eva : Oui, bien-sûr, c’est son prénom. Pourquoi ?

Sylvie : Non, non, pour rien. Juste une coïncidence, mon mari s’appelle aussi Édouard.

Eva : Oui, d’accord, mais ça ne me dit pas où, mon Édouard à moi, a bien pu passer. Je n’y comprends rien. Édouard ! Édouard ! Mon Doudou ! (Elle va dans les autres pièces de l’auberge en continuant à l’appeler, puis elle revient).

Sylvie : Tu l’as trouvé ?

Eva : Non, je ne sais pas ce qu’il lui a pris. On était là, en train de s’embrasser tranquillement…

Sylvie : Tranquillement n’est peut-être pas le mot exact.

Eva : Oui, bon, d’accord. Et puis là, hop, volatilisé ! C’est peut-être toi qui l’as effrayé.

Sylvie : Je te remercie. Sympa tes remarques !

Eva : Non, ce n’est pas ce que je voulais dire.

Sylvie : D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi je lui aurais fait peur. Es-tu sûre qu’il a bien toutes ses facultés ton Édouard ?

Eva : Pourquoi me demandes-tu ça ?

Sylvie : Un type qui s’évapore en plein ébat amoureux, il y a de quoi se poser des questions, non ?

Eva : Ça y est, j’y suis. Il s’est caché pour me faire une blague. Il adore me faire des blagues, mon Doudounet. Aide-moi à le trouver !

Sylvie : Que je t’aide à le trouver ? Tu exagères ! Bon enfin…

Elles cherchent partout dans la pièce, derrière les fauteuils, derrière le comptoir, …

La monitrice entre.

La monitrice : Il m’en manque encore deux ! (Elle appelle) Laurent ! Gina ! Où êtes-vous ? Laurent ! Gina !

Eva : Doudou ! Mon Doudou ! Où es-tu ? Doudou ! Mon Doudou !

Eva et la monitrice continuent d’appeler à tour de rôle Édouard et les enfants.

Enfant 1 et enfant 2 (Laurent et Gina) sortent de derrière le comptoir.

La monitrice : Ah vous voilà ! Où étiez-vous passés ?

Enfant 1 : On jouait à cache-cache comme les grands.

Eva : (à la monitrice) Vous pouvez m’aider à chercher mon Doudou, s’il vous plaît ?

La monitrice : Votre Doudou ? Ah bon ? Vous croyez qu’on a que ça à faire ?

Eva : S’il vous plait.

La monitrice : Oui, oui, bien sûr. Mais quand même, perdre votre Doudou à votre âge ! Comme si j’avais pas déjà assez de travail avec les gamins !

Eva : Désolée. (Elle repart chercher). Doudou ! Mon Doudou !

La monitrice : (aux enfants) Bon ! Les enfants ! On va faire un jeu avant d’aller manger. La dame a perdu son Doudou. Vous allez l’aider à le retrouver.

Enfant 1 : (à un autre enfant) La dame, si elle a perdu son doudou, comment elle va faire pour s’endormir ?

Enfant 2 : La pauvre ! J’espère que la dame, elle a pas aussi perdu sa tutu !

Tout le monde cherche.

Eva : (elle chante sur l’air Je cherche après Titine) : Je cherche après Doudou, Doudou, oh ! Mon Doudou ! Je cherche après Doudou et ne le trouve pas. Je cherche après Doudou, Doudou, oh ! Mon Doudou ! Je cherche après Doudou et ne le trouve pas.

Eva : Mon Doudou ? Où t’es-tu caché ? Ta Vava va te trouver ! Mon Doudou…

Si le public est accessible, Eva descend dans le public pour chercher Édouard. Elle s’adresse aux spectateurs avec des propos du genre « Vous n’avez pas vu mon Doudou ? », « Je l’ai trouvé. Ah non, ce n’est pas lui ! ». Puis elle revient vers Sylvie.

Madame Michu entre de dehors.

Madame Michu : C’est quoi ce bazar ?

Eva : Je cherche mon Doudou !

Madame Michu : Moi, je cherche un poireau pour ma soupe. (Elle crie) Catarinetta ! (Elle sort pour aller à la cuisine) (Voix off). T’aurais pas un poireau pour ma soupe ? Catarinetta !

Sylvie se dirige vers le placard.

Sylvie : Je ne vois plus qu’un endroit possible.

Eva : Mais oui, tu as raison.

Elles ouvrent le placard et découvrent Édouard habillé en femme, avec les vêtements et la perruque de la valise du Crazy Horse.

Sylvie : Mais qui êtes vous ? Qu’est-ce que vous faîtes dans ce placard ?

Édouard sort du placard. Il a des difficultés à marcher avec les chaussures à talons.

Édouard/Riquita : (voix déguisée en voix de femme) Heu… Je… Je… m’appelle Riquita. Je suis tombée en panne avec ma voiture pas très loin d’ici, et je cherchais un garagiste.

Sylvie : Dans un placard ?

Riquita : Enfin, je voulais dire… Je n’ai pas trouvé de garagiste, alors je voulais savoir si je pouvais passer la nuit dans cette auberge. Je croyais que c’était la porte de la réception et… c’était le placard.

Eva : Vous n’avez pas vu mon Doudou ?

Riquita : Votre Doudou ?

Sylvie : Oui, son amant. Autant appeler les choses par leur nom, au point où nous en sommes.

Riquita : Non, je n’ai vu personne.

Sylvie dévisage Riquita. Elle est envahie par un énorme doute.

Sylvie : Dites, Riquita ? Ne nous sommes nous pas déjà rencontrés ?

Riquita : Non… Non… Non… Certainement pas..

Sylvie : Vous avez une drôle de voix.

Riquita : Une drôle de voix… Ah bon… Ah oui. Je sors d’une angine, c’est pour ça. Alors si vous pouviez éviter de me faire parler, cela m’arrangerait beaucoup.

Eva : Oui, oui, Riquita. Excusez-nous !

Sylvie : (comprenant alors que Riquita est Édouard) Une angine en plein été ! Bien sûr !


 
 
 

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