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L'Auberge de la vérité Acte 1 Scène 6

  • Alain DECORTES auteur
  • 5 nov. 2020
  • 4 min de lecture


(Madame Michu, Le facteur)

Madame Michu entre.

Madame Michu : Tiens, l’Henriette n’est pas là. Elle doit être encore devant la télé. J’ai quand même pas traversé la cour pour trouver personne. (Elle appelle) Henriette ! T’es là ? (Pas de réponse). Henriette ! C’est Cunégonde, ta voisine ! (En aparté) Ça sert à rien, de toute façon, elle est sourde.

Le facteur entre de dehors.

Le facteur : Tiens, bonjour Madame Michu ! Vous venez tailler bavette avec Henriette ?

Madame Michu : Salut facteur. Oui, j’ai traversé la cour. Je me sentais un peu seule dans ma maison. Et puis, je me suis dit que ça lui ferait du bien à l’Henriette de tailler le bout de gras avec moi. C’est qu’elle s’ennuie quand je ne suis pas là. Quand on est jeune comme moi, on se doit de s’occuper des personnes âgées !

Le facteur : Puisque vous le dites, Madame Michu.

Madame Michu : Et puis ici, il y a toujours des choses à apprendre. J’aimerais bien savoir à quoi ressemblent les clients de la journée. Et vous, facteur ? C’est une heure pour apporter le courrier ?

Le facteur : Attention, Madame Michu, ne me cherchez pas ! Je fais preuve d’un zèle exceptionnel qui mériterait les félicitations du ministre de la fonction publique.

Madame Michu : Ah oui ? Et c’est quoi ce zèle exceptionnel ?

Le facteur : J’apporte le courrier d’hier alors que je ne suis pas en tournée.

Madame Michu : Et pourquoi, vous l’avez pas apporté HIER, le courrier d’hier ?

Le facteur : Parce qu’hier, j’étais en grève.

Madame Michu : Ah non, c’était mardi dernier que vous étiez en grève ! De ma fenêtre, je ne vous ai pas vu passer. Donc vous étiez en grève !

Le facteur : Non, mardi dernier, j’étais en RTT. La grève, c’était le mardi d’avant. Mais attention, c’était pas la même grève qu’hier. Le mardi d’avant c’était pour les salaires, alors qu’hier c’était pour les primes.

Madame Michu : Bon d’accord. Mais ce matin, j’étais aussi derrière ma fenêtre et je vous ai vu passer avec votre mobylette. Pourquoi vous avez pas posé le courrier d’hier ?

Le facteur : Parce que ce matin je distribuais le courrier d’avant-hier.

Madame Michu : Vous auriez pu mettre le courrier d’hier avec celui d’avant-hier.

Le facteur : Pour tout mélanger. On voit bien que vous ne connaissez pas le métier de facteur. J’ai mon tas de courrier d’avant-hier. Je le distribue. Et seulement après, je prends mon courrier d’hier.

Madame Michu : Et celui d’aujourd’hui ?

Le facteur : Ce sera pour demain quand j’aurai distribué celui d’hier.

Madame Michu : J’ai du mal à suivre.

Le facteur : (cherchant le courrier dans sa sacoche) Bon qu’est ce qu’il y a pour l’auberge aujourd’hui ?

Madame Michu : Hier, vous voulez dire.

Le facteur : Non, aujourd’hui pour le courrier d’hier. Ah voilà.

Le facteur sort le courrier de sa sacoche.

Madame Michu : Alors ? Qu’est-ce qu’ils ont reçu ?

Le facteur : Une carte postale et une lettre.

Madame Michu : Remarquez, je vous demande ça juste pour causer, pas par curiosité. C’est pas du tout mon genre d’être curieuse. (Elle arrache le courrier des mains du facteur) Faites voir ! Tiens, une carte postale de la Côte d’Azur ! Qui c’est donc qui peut leur envoyer une carte postale de la Côte d’Azur ? (Elle lit) « Petit bonjour ensoleillé de St Raphaël en souvenir des agréables vacances passées dans votre auberge le mois dernier. ». J’arrive pas à déchiffrer les signatures. Apparemment c’est des clients.

Le facteur : Apparemment, oui.

Madame Michu : Je ne sais pas si c’est bien pour Catarinetta de recevoir ce genre de carte postale.

Le facteur : Pourquoi vous dites ça, Madame Michu ?

Madame Michu : Parce qu’elle a le moral dans les chaussettes en ce moment, avec ses affaires qui ne marchent pas bien, sa cave qui s’écroule, et tous ses problèmes d’argent. Je ne pense pas que ce soit bon pour elle de voir un étalage de bonheur sur une carte postale. Allez hop ! (elle déchire la carte postale).

Le facteur : Vous avez peut-être raison, vous la connaissez mieux que moi.

Madame Michu : Voyons voir le reste. (Elle va pour ouvrir l’enveloppe de la lettre). Oh ! Mais… Elle est déjà ouverte.

Le facteur : (gêné) Oui, c’est moi.

Madame Michu : Vous avez ouvert le courrier d’un usager ? Mais vous savez que c’est indiscret et illégal !

Le facteur : Oui, mais je suis un peu comme vous. J’aime bien savoir ce que les gens reçoivent.

Madame Michu : Vous avez raison. C’est toujours intéressant. (Elle sort la lettre de l’enveloppe). Zut alors ! Une facture ! Catarinetta a déjà du mal à payer ses anciennes factures, elle n’a vraiment pas besoin d’en recevoir d’autres. (Elle déchire la facture). Voilà, vous avez bien fait de passer quand j’étais là.

Le facteur : Avec vous au moins, on ne risque pas de recevoir de mauvaises nouvelles.

Madame Michu : J’aime bien rendre service !

Le facteur : Comme les choses deviennent simples avec vous, Madame Michu ! Finalement, vous allez peut-être pouvoir m’aider.

Madame Michu : Vous aider à quoi faire ?

Le facteur : À prendre la bonne décision ! Ça fait huit jours que je traîne ce recommandé pour Catarinetta. Et je n’arrive pas à me décider à le lui remettre.

Madame Michu : Pourquoi ?

Le facteur : C’est pas franchement une bonne nouvelle. Lisez ! (il lui tend la lettre).

Madame Michu : Ah bon, vous l’avez ouverte. Voyons voir. Houlala ! Ben dites donc !

Le facteur : Vous voyez, hein !

Madame Michu : (Elle lit) « Commandement pour réaliser un inventaire des meubles et objets de valeur en vue de leur saisie » Houlalalalalala ! « Compte tenu que…bla, bla,bla… un huissier est mandaté pour se rendre à votre domicile le 28… ». Le 28 ? Mais le 28, c’est demain !

Le facteur : Alors ? Qu’est ce qu’on fait ?

Madame Michu : On déchire. (Elle déchire la lettre) L’huissier, peut-être que s’il n’a pas l’accusé de réception, il ne viendra pas !

Le facteur : Vous avez raison. Bon, allez, je file. Faut que je continue ma tournée. J’ai encore plein de courrier d’hier à distribuer. (Il sort)

Madame Michu : Bon, et bien moi, tant que je suis là, je vais aller voir sur le registre les clients d’aujourd’hui. (Elle passe derrière le comptoir et compulse le registre).




 
 
 

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