L'Auberge de la vérité Acte 2 Scène 2
- Alain DECORTES auteur
- 17 nov. 2020
- 3 min de lecture
(Henriette, Mickey, Véronique, Catarinetta, Émilie)
Catarinetta entre.
Catarinetta : Bonjour tout le monde. Ah, Mickey, tu tombes bien. Je vais mettre une omelette au menu de midi. Tu veux bien aller me chercher des œufs au poulailler ?
Mickey : Je sors de ma coquille et j’y vais de suite sans en faire un plat parce que je ne voudrais pas me brouiller avec toi, ma cocotte !
Catarinetta : Il y a des fois où je ne comprends pas tout ce que tu me dis, Mickey. Mais du moment que tu me ramènes les œufs.
Mickey : Je pourrais lui faire gober n’importe quoi ! (Il ressort).
Catarinetta : (à Véronique) Alors, ma p’tite dame ? Déjà prête pour repartir marcher. Eh ben dites-donc, tout le monde s’est levé tôt ce matin. J’espère que vous avez quand même apprécié le lit de votre chambre.
Véronique : Euh… Oui, oui, merci.
Émilie entre.
Émilie : (avec un sourire ironique) Salut Véro ! Bien dormi ? (Elle lui fait la bise). La nuit s’est bien passée ?
Catarinetta : Mais n’est-ce pas la personne qui partageait la chambre avec vous ?
Véronique : Euh… non, enfin, si, sauf que…
Henriette : Mais fiche lui donc la paix avec tes questions !
Catarinetta : Oh, Tatan, quand je dis que tu es sourde seulement quand tu veux, je ne me trompe pas beaucoup.
Henriette : Vaut mieux être sourde que pas bien maline pour poser des questions embarrassantes à cette petite.
Catarinetta : Mais je n’ai pas posé de questions embarrassantes.
Émilie : Moi qui cherchais un coin tranquille pour méditer avant le petit-déjeuner, il vaudrait mieux que je trouve un autre endroit. (Elle sort).
Henriette : (à Catarinetta) Pendant que tu y es avec tes indiscrétions, t’as qu’à aussi lui demander si elle a pas une vieille tante sourde comme la tienne.
Catarinetta : Sourde, et tu pourrais ajouter pénible. Mais ce n’est pas la peine que je lui demande, tu es un modèle unique, Tatan !
Henriette : Moi, c’que j’en disais, c’était pour causer. Bon, j’vous laisse bavarder toutes les deux. J’vais faire un tour vers la télévision. (Elle se lève. Elle attrape la bouteille de liqueur et en boit une gorgée et sort).
Catarinetta : Mais, il n’y a pas de feuilleton de si bonne heure ! (À Véronique) Elle débloque de plus en plus. Excusez-la !
Véronique : Ce n’est pas bien grave. Elle vous en fait voir, n’est-ce pas ?
Catarinetta : Oui, mais je l’aime bien quand même. Je n’ai plus qu’elle comme famille.
Véronique : Je vous comprends, parce que moi je n’ai pas de famille du tout.
Catarinetta : Oh ma pauvre petite.
Véronique : C’est bête, ce qu’elle a dit, mais c’est vrai que j’aurais bien aimé avoir une vieille tante comme elle.
Catarinetta : Vos parents n’avaient pas de frères et sœurs ?
Véronique : Je n’en sais rien. Je n’ai jamais connu mes parents. Ils m’ont abandonnée quand j’étais toute petite. Je marchais à peine. Il parait qu’on m’a trouvée errante dans la campagne.
Catarinetta : Ma pauvre enfant. Moi, c’est mon père qui est parti, juste avant la naissance de ma petite sœur. Maman ne s’y attendait pas avec le métier qu’avait Papa. Elle pensait qu’il ne s’en irait jamais.
Véronique : Que faisait-il ?
Catarinetta : Il était cantonnier.
Véronique : Je ne vois pas le rapport.
Catarinetta : Mais si ! Il disait toujours : cantonnier, on y reste ! Pourtant, il n’est pas resté. Maman ne s’est pas remise de son départ. Elle en est morte.
Véronique : De chagrin ?
Catarinetta : C’est un peu ça. On n’a jamais su si elle s’était suicidée ou si c’était un accident.
Véronique : Comment cela ?
Catarinetta : On l’a retrouvée morte dans les grottes, au fond d’un trou. Est-ce qu’elle y était tombée ? Est-ce qu’elle s’y était jetée ? Dieu seul le sait.
Véronique : C’est affreux. Alors vous non plus, vous n’avez plus de parents ? Heureusement, il vous reste votre sœur.
Catarinetta : Non, elle est morte aussi dans la grotte. Le pire, c’est qu’elle est tombée dans un boyau très profond, et on n’a jamais retrouvé son corps.
Véronique : Oh, c’est horrible. Et Mickey ? Ne fait-il pas partie de votre famille ?
Catarinetta : Non, mais depuis le temps que je le connais, c’est tout comme. Il est ici comme chez lui. Je l’aime bien.
Véronique : Moi aussi, je l’aime bien, Mickey. Un peu plus que ça même.
Catarinetta : Ah, je commence à comprendre… C’est donc sérieux avec lui ?
Véronique : Je crois que oui. Je vais peut-être aller prendre mon petit déjeuner avant de trop parler. Je n’ai jamais su mentir.
Catarinetta : Je range deux ou trois choses, et je viens vous servir.
Véronique : Merci. Prenez votre temps, je ne suis pas pressée (elle sort).

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